« Brown-out », la souffrance au travail liée à la perte de sens
Brown-out, la souffrance au travail liée à la perte de sens
Après le burn-out, associé à l’épuisement professionnel, et le bore-out, lié à l’ennui au travail, un autre mal-être gagne du terrain dans les entreprises : le brown-out.
Ce phénomène désigne la souffrance ressentie par des salariés qui ne trouvent plus de sens à leur activité professionnelle, alors même qu’ils continuent à accomplir leurs missions au quotidien.
L’ouvrage Brown-out : quand le travail perd son sens, présenté dans cet article du Journal Le Monde, analyse ce trouble.
Les auteurs Etienne Desmet, psychanalyste, et Yohann Marcet, entrepreneur et maître de conférences à Sciences Po, mettent en avant une véritable perte de sens.
Elle toucherait particulièrement les salariés confrontés à des tâches qu’ils jugent inutiles, déconnectées de leurs valeurs ou sans réelle utilité sociale.
Ils évoquent notamment « une surcharge bureaucratique, des objectifs déconnectés de l’utilité sociale, une perte d’autonomie, des conflits éthiques persistants ».
Contrairement au burn-out, le problème ne réside pas dans une surcharge de travail mais dans le sentiment que le travail accompli ne présente plus d’intérêt ou ne correspond plus aux aspirations personnelles du salarié.
Les conséquences peuvent être importantes.
La démotivation s’installe progressivement, accompagnée d’un désengagement croissant, d’une perte de confiance et parfois d’une vraie détresse psychologique.
Certains salariés décrivent un sentiment d’absurdité ou l’impression de consacrer leur énergie à des missions dont ils ne perçoivent plus la finalité.
Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où la quête de sens occupe une place de plus en plus importante dans les attentes des travailleurs.
Au-delà des conditions de rémunération ou des perspectives de carrière, nombreux sont désormais les salariés qui recherchent une cohérence entre leur activité professionnelle, leurs convictions et leur utilité au sein de l’entreprise.
Pour les employeurs, cette évolution constitue un enjeu majeur de prévention des risques psychosociaux.
Une perte durable de sens peut favoriser l’absentéisme, les départs volontaires ou encore l’apparition de troubles psychologiques susceptibles d’altérer la santé des salariés.
Si le brown-out ne bénéficie d’aucune définition juridique spécifique, il rappelle néanmoins que l’obligation de sécurité de l’employeur ne se limite pas à la prévention des risques physiques.
Elle implique également une vigilance particulière à l’égard des facteurs organisationnels susceptibles d’affecter la santé mentale des travailleurs, parmi lesquels figure désormais la question du sens donné au travail.