Absentéisme : la santé mentale devient la première cause des arrêts longs dans les entreprises françaises
Absentéisme : la santé mentale devient la première cause des arrêts longs dans les entreprises françaises
L’absentéisme s’installe durablement à un niveau élevé dans les entreprises françaises.
C’est le constat dressé par l’étude 2026 de Malakoff Humanis, réalisée à partir des données de 3,8 millions de salariés du secteur privé, de plus de 300 000 dossiers d’arrêts longs et d’un baromètre mené auprès de salariés, dirigeants et médecins généralistes.
Loin d’être un phénomène conjoncturel lié à la crise sanitaire, l’absentéisme est devenu un enjeu structurel, porté par l’allongement des arrêts de travail et la montée en puissance des troubles psychologiques.
Selon l’étude, 32 % des salariés du privé ont connu au moins un arrêt de travail en 2025, et le taux d’absentéisme atteint désormais 4,3 %, soit une hausse de 25,5 % depuis 2019.
« Les arrêts de plus de 60 jours représentent seulement 9,4 % des arrêts mais concentrent 63,8 % des journées d’absence», souligne l’étude.
La santé mentale, première cause des arrêts longs
La transformation la plus marquante concerne la nature des arrêts.
Les troubles psychologiques, tels que la dépression, les troubles anxieux ou l’épuisement professionnel, constituent désormais 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, avec une progression de 25 % depuis 2020.
Le phénomène touche particulièrement les moins de 40 ans, les femmes et les cadres, dont le taux d’absentéisme a bondi de 35,2 % depuis 2019.
Un salarié sur deux concerné par un trouble psychologique n’ose pas aborder le sujet dans son entreprise, révélant un tabou persistant malgré l’ampleur du phénomène.
Les managers eux-mêmes ne sont pas épargnés : 53 % déclarent avoir bénéficié d’au moins un arrêt de travail en 2025.
Des entreprises encore peu armées face au phénomène
Malgré l’augmentation continue des arrêts longs, plus d’une entreprise sur deux n’a mis en place aucune action spécifique contre l’absentéisme.
Seules 29 % disposent d’actions structurées de prévention.
Les dispositifs les plus efficaces restent pourtant connus : cellules d’écoute psychologique, programmes de prévention santé, accompagnement des aidants ou soutien aux salariés en situation de fragilité.
En 2025, Malakoff Humanis a réalisé plus de 2 500 diagnostics absentéisme auprès d’entreprises, signe d’une prise de conscience progressive mais encore insuffisante.
Le retour à l’emploi, un moment critique
La reprise après un arrêt long constitue une étape décisive.
72 % des salariés estiment qu’un retour après plus de 30 jours d’arrêt est difficile, notamment en raison de la perte de repères, de la fatigue persistante ou de l’appréhension vis‑à‑vis du collectif de travail.
Pourtant, les dispositifs d’accompagnement montrent leur efficacité : 72 % des salariés accompagnés reprennent leur activité dans l’année, et la durée totale d’absence peut être réduite de 73 jours en moyenne.
Le temps partiel thérapeutique apparaît également comme un outil médical pertinent pour faciliter une reprise progressive.
La prévoyance collective, levier stratégique face aux arrêts longs
Face à la hausse des arrêts longs, la prévoyance collective devient un outil central de gestion de l’absentéisme. Elle permet de maintenir les revenus, de protéger les proches, d’accompagner le salarié pendant son absence et de préparer son retour à l’emploi.
L’étude souligne que les entreprises doivent dépasser la seule logique d’indemnisation financière pour adopter une approche globale, associant prévention, accompagnement et protection sociale