Visites de pré-reprise et de reprise : de nouvelles obligations de l’employeur depuis le 15 juin 2026
Visites de pré-reprise et de reprise : de nouvelles obligations de l’employeur depuis le 15 juin 2026
Le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 est venu modifier plusieurs dispositions du Code du travail relatives au suivi médical des salariés en arrêt de travail.
Entrées en vigueur le 15 juin 2026, ces nouvelles mesures visent à simplifier le parcours de reprise tout en renforçant les actions de prévention destinées à favoriser le maintien dans l’emploi.
La visite de pré-reprise est prévue par l’article L. 4624-2-4 du Code du travail.
Elle peut être organisée au bénéfice d’un salarié dont l’arrêt de travail se prolonge et dont le retour dans l’entreprise est susceptible de soulever des difficultés.
Elle permet au médecin du travail d’anticiper les conditions de reprise, d’envisager d’éventuels aménagements du poste ou encore d’orienter le salarié vers des dispositifs d’accompagnement adaptés.
La réforme renforce le rôle de cette visite en la plaçant au cœur du processus de retour à l’emploi. L’objectif est d’intervenir plus tôt afin d’identifier les éventuels obstacles à la reprise et de mettre en œuvre les solutions nécessaires avant même la fin de l’arrêt de travail.
Le principal changement concerne plus précisément l’articulation entre la visite de pré-reprise et la visite de reprise.
Jusqu’à présent, cette dernière demeurait une étape incontournable dans un certain nombre de situations, notamment après une absence prolongée pour maladie ou accident qu’il soit d’origine professionnelle ou non.
Désormais, la visite de reprise pourra ne pas être organisée si :
- Le salarié a bénéficié d’une visite de pré-reprise dans les trois mois précédant son retour et
- Le médecin du travail estime disposer de toutes les informations nécessaires sur son état de santé ainsi que sur les mesures d’adaptation éventuellement requises. Il devra alors avoir formulé un avis sur les conditions de retour du salarié et transmis ses recommandations à l’employeur ainsi qu’au salarié.
Cette évolution vise à éviter des examens médicaux successifs dont l’utilité peut parfois apparaître limitée lorsque la situation du salarié a déjà été évaluée de manière approfondie dans le cadre de la pré-reprise.
Pour les employeurs, ces nouvelles dispositions impliquent une attention particulière dans le suivi des absences de longue durée.
La collaboration avec le service de prévention et de santé au travail devient plus importante encore afin d’anticiper les modalités de retour du salarié et de mettre en place, le cas échéant, les adaptations recommandées par le médecin du travail.
À travers cette réforme, les pouvoirs publics confirment leur volonté de privilégier une approche préventive de la santé au travail.
En renforçant le rôle de la visite de pré-reprise et en assouplissant les conditions de recours à la visite de reprise, le législateur entend favoriser le maintien dans l’emploi et limiter les risques de désinsertion professionnelle à l’issue d’un arrêt de travail prolongé.