Lésions psychiques : un risque d’accident du travail en hausse
Dans cet article du Monde est mis en lumière une évolution frappante du monde du travail : la hausse continue des accidents du travail d’origine psychique. En 2024, près de 29 000 cas ont été reconnus par l’Assurance-maladie, soit plus de 5 % de l’ensemble des accidents, contre 1,6 % dix ans plus tôt. Une progression qui traduit l’installation durable des risques psychosociaux dans tous les secteurs.
L’article s’appuie sur des situations concrètes — un chef de rayon en pleurs, un téléconseiller effondré — pour montrer comment un choc émotionnel sur le lieu de travail peut désormais être qualifié d’accident du travail. La procédure est d’ailleurs plus simple et plus rapide que pour une maladie professionnelle : il suffit d’établir la réalité du trauma, son moment et son lien avec l’activité.
Les experts interrogés soulignent les causes profondes de cette montée : charge mentale accrue, isolement lié au télétravail, banalisation de la violence, incertitudes économiques et technologiques. Les secteurs historiquement les plus touchés (médico-social, transport, commerce) ne sont plus les seuls concernés : la tendance s’étend désormais au BTP, au nettoyage ou à l’agroalimentaire.
L’article rappelle enfin que les femmes et les employés restent les populations les plus exposées, même si la souffrance psychique devient aujourd’hui un enjeu transversal.